• Les étendues d'eau (1)

    L'eau dans l'art (1)Première partie
    Les étendues d’eau :  mer, océan ou lac, étang ou mare ou fleuve, rivière, ruisseau ou torrent, cascade ou encore piscine.

    Les éléments présents dans cet article sont issus de documents présentés par Fabienne FEY, Conseillère Pédagogique Arts Visuels, secteur Moselle Est.

     

    On pourra s’inspirer très largement d’œuvres nombreuses et variées qui traitent de ce sujet, mais il est important chaque fois que c’est possible, d’aller observer le paysage dans son village : rivière, ruisseau, mare, étang, fontaine… Ce sera l’occasion de réaliser des croquis, de prendre des photos.

    Des livres ou sites Internet documentaires ainsi que des albums de jeunesse viendront compléter la panoplie d’images réelles et imaginaires à disposition des élèves.
     

    Jean FOUQUET, vers 1425-1480L'eau dans l'art
    Enluminure du Livre d’heures d’Etienne Chevalier, vers 1452-1460
    Saint Jean à Patmos 16x12cm
    Chantilly, musée Condé
     

    La représentation de l’eau n’a rien de réaliste dans cette enluminure puisque le courant tourne autour de l’île. A cette époque, le paysage ne servait que de décor à la représentation d’un personnage biblique.
    La représentation du paysage n’existait pas pour elle-même (inexistence du genre), elle ne servait que de décor, de fond d’une mise en scène de personnages.
     

    Joachim PATINIR, vers 1480-1524L'eau dans l'art
    Traversée du monde souterrain, vers 1515-1524
    Huile sur bois 103x64cm
    Madrid, musée du Prado
     

    Patinir réduit le rôle du personnage à un rôle second pour s’intéresser davantage à la représentation d’un paysage totalement imaginaire. L’horizon est encore très haut. Patinir définit une règle pour donner une notion d’éloignement et de profondeur à ses tableaux : il les divise horizontalement en trois parties, utilisant des tons bruns pour la partie basse, verts pour la partie centrale et bleue pour la partie haute.
    C’est à Patinir que l’on attribue la naissance du genre ; on le surnommait d’ailleurs « der gute Landschaftsmaler » (le bon peintre paysagiste).

    Meindert HOBBEMA, 1638-1709L'eau dans l'art
    Moulin au bord de la rivière 1659-1660
    28x37cm


    Le paysage hollandais et « l’esthétique de l’espace vacant » : au siècle d’or de la peinture des Pays-Bas, des peintres comme Hobbema, Van Goyen, Cruyp, Ruisdael, (Seghers), choisiront de peindre le paysage comme l’image d’une situation, d’un moment presque intime pris sur le vif.
    Plastiquement, cette modification fondamentale dans la perception de la nature se traduit par un considérable abaissement de la ligne d’horizon correspondant à un point de vue à hauteur d’homme, au point que le ciel occupe jusqu’aux deux tiers du tableau (c’est cela, cet espace vacant où il n’y a rien à voir) et par une évolution substantielle de la composition : la représentation du ciel, illimité par nature, va suggérer que l’espace continue indéfiniment verticalement et latéralement (les artifices de composition qui guident et canalisent le regard vers le centre du tableau où se déploie la profondeur de champ, tels que bosquets d’arbres ou buttes, disparaissent bientôt. Le champ visuel couvert par le paysage ne prétend plus tout contenir, c’est désormais ouvert donc inachevé et incomplet.
    L’audace que représente l’apparente saisie du moment naturel ne doit pas faire oublier le caractère élaboré de cette peinture. Il n’y a pas perception immédiate d’un paysage mais re-création de celui-ci dans l’atelier, à partir d’un grand nombre d’études crayonnées ou simplement de mémoire. Le paysage hollandais, malgré toutes ses qualités, ne peut donc prétendre être une image fidèle d’un présent perçu et vécu.
     

    Claude GELLÉE dit Le Lorrain, 1600-1682L'eau dans l'art
    Port de mer au soleil couchant 1639
    Huile sur toile 103x137cm
    Paris, musée du Louvre


    Le Lorrain est un peintre paysagiste classique (comme Poussin). Pour Claude, la réalité suprême du monde est la lumière. Le problème fondamental est uniquement pour lui de concilier l’éclairage conventionnel des ateliers avec
    l’observation des effets de lumière du soleil dans la nature. On lui attribue le mérite d’avoir opéré une grande révolution qui « consiste surtout dans le fait d’avoir placé le soleil dans le ciel ». Jusqu’à l’époque de Claude, personne n’avait songé à peindre le soleil.
    La grande nouveauté du paysage idéal (classique) est l’introduction ou la réintroduction des personnages, humains ou divins, et de l’architecture, eux mêmes idéalisés, empruntés à la mythologie antique et à la religion chrétienne, à l’antiquité gréco-romaine.

    Nicolas POUSSIN, 1594-1665L'eau dans l'art
    Moïse sauvé des eaux 1638
    Huile sur toile 93 x 120cm
    Paris, musée du Louvre
     

    Nicolas Poussin affirme sa volonté de se rendre maître et possesseur de la nature grâce à la géométrie qui ordonne ses compositions. C’est un paysage intellectuel plus que sensible.
    Lorrain et Poussin ont longtemps été cités en exemple à la peinture de paysage.
    Aucun autre peintre ne pouvait prétendre atteindre leur niveau.

    Caspar David FRIEDRICH, 1774-1840L'eau dans l'art
    Les Blanches Falaises de Rügen, 1818
    Huile sur toile 90 x 70 cm


    Winterthur, Fondation ReinhartL'eau dans l'art
    Montagne et rivière (version nuit) 1830-35
    Technique mixte sur papier transparent 77 x 127cm
    Kassel, Staatliches Museum

    Moine au bord de la mer, 1808-1810L'eau dans l'art
    Huile sur toile 110 x 171,5 cm
    Berlin, Château de Charlottenburg

    Le paysage romantique :
    Dès le début du XIXe siècle, un certain nombre d’artistes décident de rompre avec la tradition paysagère héritée du classicisme. Ils se regroupent sous l’étiquette romantique et cherchent à traduire les dimensions exaltantes, insoupçonnées et contemporaines (pour eux) du paysage afin de renouveler le genre.
    A la mesure et à la grandeur monumentale et pourtant paisible du paysage classique, va s’opposer la violence du sentiment, la démesure de la passion et le symbolisme exubérant du paysage romantique.
    Le paysage romantique est une réaction exaltée du sentiment contre la raison, une fuite, une évasion dans le rêve, dans l’exotisme ou le passé, un appel grandiloquent au mystère et au fantastique et célèbre sans retenue, la libre expression de la sensibilité et le culte vertigineux du moi : c’est pour toutes ces raisons qu’il n’y a pas un paysage romantique, mais une multitude en fonction de la multitude de sensibilités qui s’y exercent. Font partie entre autres de ce mouvement, sans que l’on ne puisse réellement parler d’une école : Caspar David Friedrich, peintre allemand : pour son art, on parlera de « paysage de l’âme du monde » ; il cherche à transmettre le sentiment de la solitude humaine face à l’immensité de la nature
    William Turner a fait partie des peintres romantiques (cf. chapitre « l’eau dans tous ses états)

    John CONSTABLE, 1776-1837L'eau dans l'art
    Charrette à foin 1821
    Huile sur toile 130,5 x 185,5 cm
    Londres, Natinal Gallery

    John CONSTABLE ne peint que des endroits qui lui sont familiers où la restitution de la vérité d’un moment de la nature est une obligation morale.

    ..... Suite "L'eau dans l'art (2)"

     

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